Quel support d'épargne avez-vous intérêt à privilégier pour obtenir un complément de revenus à la retraite ? Une assurance vie ? Un plan d'épargne retraite type Perp ? Un investissement immobilier locatif ?... La réponse dépend de plusieurs paramètres, notamment de l'épargne dont vous disposez déjà, de votre horizon de placement et de votre situation fiscale présente et à venir.

L'idée est simple : vous économisez durant votre vie active afin de vous constituer un capital qui générera des revenus lorsque vous quitterez le monde professionnel. Plusieurs solutions sont envisageables dans cette optique.

L'épargne retraite... pour défiscaliser

Les placements d'épargne retraite individuelle type Plan d'épargne pour la retraite populaire (Perp), Préfon pour les fonctionnaires ou Madelin pour les travailleurs indépendants sont spécifiquement dédiés à l'objectif retraite.

Mieux vaut toutefois n'envisager ces enveloppes qu'en fin de carrière (à partir de 50/55 ans), et uniquement si vous êtes fortement imposés.

  • En fin de carrière, car il s'agit de produits "tunnels", c'est-à-dire qui ne permettent pas la récupération de l'épargne investie avant l'âge de la retraite, sauf en de rares exceptions.
  • Si vous êtes fortement imposés, car les sommes versées pendant la phase d'épargne sont déductibles de vos revenus imposables, ce qui vous procure une économie d'impôt d'autant plus importante que votre taux d'imposition est élevé.

Attention, cependant, car en contrepartie de l'avantage à l'entrée, la rente ou le capital perçu à la sortie est imposable comme une pension de retraite. Le fisc récupère ainsi d'une main une partie de ce qu'il a donné de l'autre. De plus, compte tenu des frais importants et des piètres performances des placements retraite, il faut accepter de bloquer un capital très important pour percevoir une rente acceptable une fois en retraite. C'est donc bien pour réduire vos impôts en phase d'épargne qu'il faut les envisager !

L'assurance vie... pour garder la main

Contrairement aux produits d'épargne retraite, l'assurance vie est un placement liquide, dans lequel les sommes investies restent disponibles à tout moment. L'épargnant peut les récupérer quand il en a besoin, il n'est pas bloqué jusqu'à la retraite.

Plus souple, l'assurance vie peut donc être souscrite dès le début de carrière (voire avant si vous avez un capital à placer). C'est même souhaitable, pour "prendre date", la fiscalité de l'assurance vie étant d'autant plus attractive que le contrat est ancien.

Autre avantage, l'offre de supports d'investissement est bien plus riche que celle attachée aux Perp et consorts, ce qui permet d'espérer des perspectives de gains plus importantes. Et de nombreux acteurs du marché proposent désormais des contrats à frais réduits.

Certes, durant la phase d'épargne, l'assurance vie ne permet pas de faire baisser ses impôts. Mais une fois à la retraite, l'épargne placée pourra être récupérée dans un cadre fiscal plus avantageux que la rente issue d'un Perp. Et l'épargnant aura le choix d'une récupération sous forme de retraits réguliers, de rentes viagères ou en capital.

L'immobilier locatif... pour l'effet de levier du crédit

Sur une longue période, l'immobilier locatif est, avec la Bourse, le placement le plus rentable. Surtout, c'est le seul placement accessible à crédit, aux épargnants qui disposent d'un petit capital de départ (de quoi payer les frais de notaire, par exemple), les loyers envisagés couvrant tout ou partie des mensualités de remboursement. Autrement dit, c'est un placement à envisager à l'apogée de votre carrière (à 35/45 ans), lorsque vous avez quelques moyens et une épargne de précaution déjà constituée pour les coups durs.

L'investisseur a néanmoins un effort d'épargne personnel régulier à consentir une fois l'opération réalisée, pour payer les charges non couvertes par les loyers. Ils doit aussi accepter les contraintes de gestion de ses biens loués, qui sont évidemment bien plus importantes que les contraintes qu'impose un placement financier (sauf gestion déléguée ou investissement indirect dans la "pierre papier" via une société civile de placement immobilier - SCPI). En amont, il doit aussi veiller à bien choisir le lieu de son investissement, afin de privilégier un secteur dynamique qui lui permettra de louer facilement et au bon prix.

Fiscalement, deux régimes existent pour l'imposition des loyers, selon le type de location consentie (vide ou meublée). Ils permettent de réduire sensiblement le montant imposable des loyers, voire de créer des déficits reportables sur vos autres revenus. Certains investissements sont en outre assortis d'avantages particuliers : par exemple, une réduction d'impôt pour les investissements dans l'immobilier neuf en Pinel, dispositif qui sera prorogé en 2017.